16 mai 2008

PROMETTRE C'EST S'ENGAGER...

E Mànn e Wort !

En cette année 2004, les
festivités de l’ouverture du «Friehjohr fer unseri Sproch» se sont déroulées le 19 mars à WISSEMBOURG. Ce fut une journée mémorable pour deux raisons : La première fut la qualité du spectacle et les différentes interventions des acteurs et de l’orchestre.

L’entre-deux tours de la campagne électorale nous apportait une autre satisfaction. Le Président de la Région et candidat Adrien ZELLER en inaugurant cette manifestation a charmé les oreilles des nombreux Alsaciens rassemblés «dia wu noch so bàbble wie de Schnàwel na gewàchse esch» ! Des dialectophones convaincus de la richesse que représente notre langue.

Le Président a promis de créer une télévision alsacienne !

Craignait-il une soudaine explosion d’euphorie collective ? Le bon vin et le Kugelhopf inaugural auraient-ils pu «corser» l’événement ?

Le Président précisa à toutes fins utiles, que les émissions ne seraient pas entièrement et pas seulement en alsacien !

Merci, on s’en serait un peu douté ! Aurait-on peur que des «Keskidit» intolérants prennent le chemin du maquis, ou de l’exil outrageuses ?

Non, nous les Alsaciens, nous ne sommes pas naïfs ...quoique !

Bref, malgré tout ce que nous avons déjà avalé, nous attendons une retombée de ces promesses. La revendication de plus d’alsacien à la télé et dans les médias date de la fin de la dernière guerre ! Les miettes quotidiennes d’Elsasserditsch que nous sert FR3 Alsace ne répondent absolument pas à nos besoins. (voir ci-dessous le «programme» des émissions en dialecte).

Liewi Frend, vu le menu, nous ne risquons pas de mourir d’overdose !

Par ailleurs, toutes les chaînes émettent en français avec le même «Kasperlatheàter» et bien sûr les mêmes personnages des coteries du microcosme parisien qui jouent aux chaises musicales sans fin.

Il serait souhaitable que chez nous les interviewés soient encouragés à parler leur langue maternelle alsacienne avec, bien sûr, des journalistes à la hauteur de notre culture rhénane et européenne.

Monsieur le Président Adrien ZELLER, nous ne voyons encore rien venir ! E Mànn, e Wort ! On gagne la confiance en tenant ses promesses. La situation est navrante et urgente après les coups tordus de Paris, où comme en 1990, trente minutes journalières en dialecte nous furent volées et jamais rendues. La population était réellement en effervescence et une collecte de plus 36.000 signatures en moins de 15 jours en est la preuve ! Je le rappelle !

Où étaient nos élus ? Mis à part quelques protestataires de façade !

Nous sommes affligés de l’inertie de nos responsables pour la seconde moitié de notre bi-culture : Elsasserditsch et sa forme littéraire allemande. Moins de 1 % (-un) du budget y est consacré en Alsace, cinq fois moins qu’en Bretagne ! Si nous jugeons du résultat, c’est nettement insuffisant, comme pour le TGV où nous sommes les derniers ! Et de plus, en payant.

La Région Ile de France, par exemple, devrait augmenter les taxes régionales de 150 % (cent cinquante !) pour atteindre la moyenne des autres régions de France d’après une admonestation des Verts !

Près de 80 % du budget national de la culture reste dans la région parisienne. Pour de nombreux comptes et subventions il va de même !

Ah ! que c’est beau la Solidarité,la Fraternité, et l’Egalité à sens unique !

Des télévisions privées sont créées et approuvées en Région parisienne. Pourquoi n’est-ce pas possible chez nous ?

Manque de volonté politique, de conviction ou de courage ?

La chaîne «Alsatic», soutenue par nos impôts ignore l’Elsasserditsch ! On se moque du peuple ! Messieurs les élus vous allez droit dans le mur. Hélas, par votre consensus béat et docile vous y entraînez les Alsaciens !

Notre avenir et notre culture sont entre nos mains, comme dans nos bulletins de vote ! Sachons exiger et réclamer notre dû pour défendre nos droits élémentaires.

Notre culture sans défense ni conscience, c’est la ruine de l’âme alsacienne. Si nous ne réagissons pas pour le maintien des cultures régionales, les cultures nationales suivront rapidement jusqu’au triomphe d’une espèce de soupe anglo-mondialiste, dans laquelle il n’y aura que des déracinés.

Il faudrait que nos élus donnent l’exemple, notre faute est de ne pas l’exiger. Ils sont payés pour nous représenter et nous défendre.

La place de l’alsacien est aussi dans les discours, les bulletins des communes, du département, de la région, dans les médias, les affiches, les panneaux, les noms des rues et des communes, etc.

La télévision serait un stimulant et un motivateur pour notre culture,surtout aux yeux des jeunes générations. L’école bilingue en est le soutien, le fixateur et le précepteur. Le rôle des parents et des grands-parents comme exemples, promoteurs et incitateurs est primordial.

La culture est une chaîne fermée. Si l’un des maillons lâche, le système ne tourne plus rond, le courant de stimulation est coupé.

D’où le rôle important de tous et spécialement de nos élus, Eglises, enseignants et dirigeants, en tant qu’exemples, facilitateurs et co-promoteurs de notre culture et de notre langue alsaciennes.

Wenn m’r well, so kà m’r !

Wo e Wella esch, esch a Waj !

Henri SCHERB
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