09 mai 2008

Les problèmes linguistiques

La langue, appartient-elle au peuple ou au pays ?

Drapeau Allemand

Le choix de ne tolérer qu'une seule et unique expression linguistique dans un pays est une décision politique des plus intolérables. Elle l'est encore davantage pour les populations aux accents régionaux et particuliers.

Cette idée trop ancrée, héritée de l'autoritarisme monarcal, dernier bastion d'identifications et d'appartenances du genre féodal, a la vie dure et ne cesse de servir une certaine forme d'égalité qui, pour se nourrir, ronge allègrement l'indispensable liberté.

L'Alsace régulièrement ballottée entre un pays latin et un monde germain, sut longtemps préserver une identité linguistique. Sa population principalement rurale et ouvrière vivait au rythme des parlers locaux qui permettaient la continuité d'une culture de proximité tout en s'ouvrant largement aux modernismes des époques.

Au lendemain du dernier conflit mondial, l'évolution économique explosait. La nécessaire entreprise de redonner à notre région les moyens d'accéder, au même titre que toutes les autres régions, à l'information en langue française, ne pouvait en aucun cas justifier ce qui peut s'interpréter aujourd'hui comme une "épuration linguistique",

De nombreux ouvrages se penchent, analysent et étudient ce sujet. Le professeur E. PHILIPPS dans "LES LUTTES LINGUISTIQUES DE 1945 A NOS JOURS" faisait le premier bilan sérieux. Depuis cette publication, nous sommes nombreux à nous préoccuper de "l'avenir" de nos parlers et du renouveau de nos expressions.

Le professeur Jean PETIT, psycholinguiste émérite, dans "L'Alsace à la reconquête de son bilinguisme" précise que l'erreur de l'éradication des parlers locaux, patois et dialectes en France et le non-respect d'ordre culturel qui en découle, est une faute sur le plan de l'évolution des structures de la pensée des individus. Plus grave encore que de couper l'individu de son milieu naturel, de créer une rupture dans les transmissions relationnelles orales d'une génération à l'autre, jusqu'à marginaliser, il est un appauvrissement dramatique de l'être individu.

Plus précieux encore que la simple expression linguistique, il faut réaliser que c'est toute une culture qui se meurt, asphyxiée par de tyranniques exclusions.

Notre conception du respect de la tradition, bien plus pour garder vivant, régénérer à chaque instant, que pour préserver un patrimoine linguistique et culturel, ne peut s'affranchir de cultiver des racines, seules à même de garantir la pérennité de cette culture et son enrichissement.

HEIMETSPROCH un TRADITION qui a pour objet statutaire l'ouverture linguistique dans un bilinguisme respectant le berceau de chaque individu, de chaque collectivité, région ou société, et tout particulièrement celle d'Alsace et de Moselle francique, mène, depuis sa création, un combat contre les moulins de l'intolérante assimilation.

R.M.
Heimetsproch un Tradition
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